Archive pour la catégorie 'Films'

06
nov
07

Mysterious Skin

Je suis troublé. Profondément troublé. Ça vaut la peine. Vous devriez vous troubler aussi, jeunes gens…

Ce film, sorti en 2004, écrit et réalisé par Gregg Araki, basé sur le roman Mysterious Skin de Scott Heim, raconte deux histoires qui n’en sont qu’une.  Deux jeunes garçons de 17 ans qui ne vivent pas dans la même ville. Un est obsédé par les extra-terrestres et les ovnis, l’autre se prostitue. Ce qui les uni? À l’âge de 8 ans, ils jouaient dans la même équipe de base-ball… Et leur entraîneur a abusé d’eux. Brian ne se rappelle plus de rien, il a oublié 5h de sa vie d’enfant, et il est convaincu que tout ça a un lien avec les extra-terrestres, qu’il s’est fait enlevé par eux pour des expériences et qu’ils l’ont ramené sur terre ensuite. Neil, lui, est à l’opposé. Il sait très bien ce qui s’est passé et depuis est pris avec ce traumatisme sexuel, il est resté troublé et étrangement accroc à tout ça… Et reçoit maintenant de l’argent pour le même genre de situation.

Oui, ce film est troublant par son sujet et par des scènes homosexuelles quand même assez explicites et parfois violentes… (voir un petit garçon de 8 ans se préparer à insérer son poing dans les fesses d’un homme de 40 ans, ça plus-que-trouble…)

Mais malgré cela, la vision de l’abus sexuel et de ses répercussions est touchante, et parfois un peu drôle. Pas au détriment des victimes, non, seulement dans sa vision générale, de la façon que tout est traité, c’est plus sentimental que gratuit. C’est humain.

Le fait que les deux garçons soient à la recherche d’eux même, de leur identité tout au long du film, et ça chacun à leur façon, et qu’ils finissent par se rejoindre et se comprendre sans trop en dire, c’est magnifique. La communication du non-dit mais du senti a été très bien dirigée dans ce film.

Deux victimes d’abus, des conséquences différentes dans la vie de chacun. Voir comment un même événement a eu des répercussions totalement différentes sur deux garçons est très intéressants. Neil est beaucoup plus violent et trash dans ses actes, il baise n’importe quel homme qui va le payer et même qu’il se fait battre et laisser pour mort par l’un d’eux, tandis que Brian lui a totalement transformé sont souvenir en quelque chose qui l’atteignait beaucoup moins, quelque chose de plus extérieur à lui-même, pour ne pas avoir à confronter cet horrible événement. Un extraverti, un intraverti. Les deux extrêmes.

Et c’est surtout pour cette raison que lorsqu’ils se rejoignent, cette scène est très forte et très poignante, d’une beauté sans mot.

Sur un côté plus social, je trouve bien dommage que ce film ait passé presque totalement sous silence auprès du grand public. Il n’est vraiment pas accessible pour tout le monde, j’en conviens, mais de savoir qu’un film comme ça existe, avec de très bons acteurs (Joseph Gordon-Levitt et Brady Corbet) aiderait peut-être à faire réfléchir un peu les gens. Car pour moi, ce film est une réflexion sur les traumatismes en général, et surtout un message d’espoir… De savoir que peu importe comment le traumatisme est vécu, il y aura toujours une personne pour te comprendre et partager ta souffrance. Ça ne règle rien, mais c’est un gros baume sur la plaie. Ça touche tout le monde.

Trop souvent, dans les films plus mainstream, on vient qu’à ne montrer que le beau, les côtés positifs. Le négatif et le laid ne sont là que pour faire paraître encore plus beau ce qui l’est déjà, c’est artificiel. On le sait, les films Hollywoodiens ont la cote auprès du grand public… Mais un film comme Mysterious Skin apporte tellement plus au spectateur. Il le confronte à lui-même, à ses propres démons intérieurs, lui met en plein visage un mal intérieur puissant pour le faire réagir et réfléchir, pour le faire évoluer un peu plus personnellement.

La vie n’est pas un foutu conte de fées, chapeau à ce film pour nous le prouver et nous confronter férocement à cette vérité.

Je crois que je vais maintenant aller me promener dans une cour d’école primaire de façon louche…

Mysterious Skin

03
nov
07

London (pas la ville, la fille!)

Ah, quoi de mieux que d’avoir des discussions philosophiques sur la vie et l’amour avec quelques amis autour de quelques lignes de cocaïne?…

Ce film de Hunter Richards est sans doute un des meilleurs huis-clos dramatiques que j’ai pu voir dans ma courte vie…

Un petit résumé : Syd apprend qu’il y a une petite fête d’au revoir pour son ex petite amie, London. Il décide de s’y inviter pour la confronter, même s’ils ne se sont pas parlé depuis 2 mois. Il se retrouve enfermé dans l’immense salle de bain du 2e étage de l’appartement, avec son pusher improvisé Bateman et son amie Mallory, à faire de la drogue, boire de l’alcool et parlé de sujets très sérieux. Syd tente de trouver le courage d’aller parler à London pour une dernière fois.

Toute cette histoire semble simple, même banale. Surtout avec la petite phrase sur la pochette : “Un film sur l’amour et ses victimes”. Honnêtement, je ne sais pas du tout ce qui m’a attiré à visionner ce film. Je n’en avais jamais entendu parler, et les acteurs (Chris Evans, Jason Statham, Jessica Biel et Joy Bryant), que je trouve bien divertissants dans d’autres films, ne m’intriquait pas vraiment… Surtout pas dans un drame.

Mais comme je suis content d’avoir suivi mon instinct plutôt que mes idées!

Tout le long du film, on voit en flash-back des moments de la vie de couple de Syd et London, et plus le film avance, plus on comprend pourquoi ils ne sont plus ensemble. À quel point Syd n’est pas quelqu’un de sain et d’équilibré.

C’est surtout cet aspect qui m’a le plus… impressionné. Le personnage principal, qui au début de l’histoire fait pitié et semble démoli (en fait, il l’est vraiment, cela fait plus de 6 mois qu’il est célibataire, et il compte encore les jours…), au cours du film se transforme à nos yeux en quelqu’un de trop égoïste et centré sur lui, tellement qu’on en vient à être content que London l’ait quitté.

Je trouvais cette perception très étrange et intriguante. Et de voir comment Syd, dans la vie de tous les jours, palie à cet égoïsme en offrant des cadeaux matériels à ses proches. Il semble pleinement conscient qu’il est très imbu de lui-même, qu’il est jaloux et possessif, et qu’au lieu de tenter de changer ça, il palie à tout ça. Mais de son plein gré.

Et je crois que s’il n’avait pas cette attitude, il n’y aurait pas de film. Carrément. Il n’aurait pas perdu sa petite amie, il serait heureux avec elle… Alors c’est vraiment son comportement qui est à la base de l’histoire… et qui l’empêche d’aller la voir directement. Il est totalement conscient de ses erreurs, il se morfond avec tout ça.

Autre fait spécial dans tout ce film, est ce que j’appellerais le manque d’influence d’autrui. Ils discutent ensemble, de choses sensées et sérieuses, mais ne semblent pas aboutir à quoi que ce soit de nouveau entre eux. Et tout cela pourquoi? À cause du personnage de Syd. Commedit plus haut, il est trop égoïste, et donc il est totalement fermé à l’influence des autres…

Malgré tout ça, inexplicablement je trouve, ce film est un petit bijou. Simple. Efficace. De très bons acteurs (que je sous-estimais avant de voir le film), une ambiance très spéciale (beaucoup de drogues mais tout est clean), et évidemment un sujet qui de près ou de loin nous touche tous : l’amour. Le sujet universel. Mais mis dans un nouveaut contenant comme dans London, il fait encore très effet…

 

London Movie Poster

 

Je vais aller me faire une ligne, je reviens…




Le blogue velu

Ce blogue créé pour mon cours de modèles théoriques de la communication de groupe et de masse présentera mes impressions sur divers films et quelques faits de l'actualité qui ont retenu mon attention.

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